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Avr 07 2017

SYRIE : STOP à l’ingérence des USA

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Au lendemain de l’intervention nord-américaine en Syrie, il nous est apparu essentiel de recadrer la réflexion sur ce qui se trame dans cette région du monde. Voici quelques éléments, qui devraient nous permettre d’éviter que notre empathie pour le peuple syrien ne nous aveugle et nous détourne des fautifs.

Le pétrole syrien -Un enjeu stratégique pour la région ?

Selon les journalistes de la télévision française, le pétrole syrien et les enjeux liés au pipeline reliant l’Iran à l’Europe seraient les principaux déclencheurs de la révolution jihadiste et criminelle qui sévit en Syrie. Des pays tels que le Qatar ou l’Arabie Saoudite auraient instrumentalisé des groupes et des milices armés pour mener une révolution contre le pouvoir en place.

 


Gabriel Galice, président de l’Institut international de recherches pour la paix à Genève:

« Les Américains ont un plan qui est de remodeler le Moyen-Orient et c’est un projet de prise du pouvoir »

 

 

 


Porte-parole d’un collectif qui soutient France insoumise et Jean-Luc Mélenchon, Ramzi Kebaili*, commente ici la position du candidat sur la Russie et la guerre…

Voici le texte complet:

La position de Jean-Luc Mélenchon sur le conflit syrien et le rôle de la Russie est sévèrement critiquée au sein même de « la gauche de la gauche ». Nous avons souhaité donner la parole au représentant du collectif Citoyens pour un peuple souverain (http://citoyens-souverains.fr), qui se déclare complètement « en phase » avec les positions du candidat sur le sujet.

On a souvent l’impression que Jean-Luc Mélenchon est très indulgent à l’égard de Poutine, en particulier sur la question syrienne. Est-ce seulement une impression ? Comment l’explicitez-vous ?

Nous n’avons pas de sympathie pour Poutine, et ni Jean-Luc Mélenchon ni la France insoumise n’en ont la moindre. Nous partons d’une analyse géopolitique globale et nous constatons que les Etats-Unis et leurs alliés veulent affaiblir, sinon éliminer, toutes les puissances économiques ou militaires qui menacent leur hégémonie. Ce travail s’effectue aussi par la courroie de transmission que sont les médias atlantistes, qui servent à préparer l’opinion et justifier des guerres, avec des éléments de désinformation souvent flagrants. Ce qui est reproché à Jean-Luc Mélenchon est d’abord de déconstruire le discours de ces médias partisans. Et sa ligne directrice est d’être vigilant pour dire que, en dépit d’éventuels massacres ou faits de guerre, cela ne doit pas justifier des interventions étrangères, c’est-à-dire que nous défendons un principe de non-ingérence. On l’a vu en Libye où, bien que présentés comme une intervention humanitaire, les bombardements de notre gouvernement associés à d’autres ont entraîné un chaos total. Or, en tant que citoyens français, nous avons une responsabilité devant le monde entier lorsque la France intervient militairement.

Pour autant, aujourd’hui en Syrie, l’intervention étrangère est celle de la Russie, en soutien au régime de Bachar Al-Assad…

Dans ce cas précis, il y a deux lignes d’analyse diamétralement opposées. L’une est de dire qu’il y a une intervention de la Russie sans en préciser le contexte ; l’autre est de souligner qu’il y a des attentats terroristes, une intervention djihadiste étrangère, en Syrie et que la population a peur. Ce n’était pas le cas au début du soulèvement en 2011, mais aujourd’hui, une grande partie de la population syrienne a peur du Front Al-Nosra, du Front islamique et de Daech. L’intervention russe et le maintien du régime d’Al-Assad se donnent comme justification de faire rempart à ces bandes sanguinaires, qui sont indirectement soutenues par l’Occident, puisque celui-ci arme le Qatar et l’Arabie saoudite, pays qui font ensuite provenir ces armes aux groupes salafistes. Nous n’avons aucune sympathie pour le régime syrien, mais la priorité devrait être d’abord d’éliminer ces groupes qui terrorisent la population syrienne et donnent des arguments à Assad. Et la vraie question à poser est celle de la responsabilité de la France et de nos alliés dans cette ingérence. Jean-Luc Mélenchon dénonce la logique de guerre contre Moscou qui s’exprime à travers les grands médias. Ceux-ci instrumentalisent tous les problèmes et tout ce qui se passe en Russie afin de déstabiliser ce pays. Tout en s’appuyant sur des éléments exacts, la propagande de l’OTAN les détourne pour ses propres intérêts impérialistes contre la Russie. Il faut traiter d’égal à égal avec Poutine, qui n’est pas un interlocuteur moindre que Merkel ou Donald Trump !

Mais vous pensez réellement que la Russie est attaquée de toutes parts et surtout qu’elle propose une politique de paix en Syrie ?

Il faut quand même se poser la question de comment se voit la Russie elle-même face au reste du monde. C’est un grand pays, mais qui est entouré de bases de l’OTAN, partout en Europe centrale et orientale, et qui fait en sorte de résister aux ingérences et aux provocations étrangères à ses portes. Quant à la Syrie, ce que nous savons, c’est que la Russie a proposé dès 2012, dans le cadre des accords de Genève, une solution négociée dont il est généralement admis aujourd’hui qu’elle était sérieuse et réaliste. Il s’agissait d’un processus de transition qui avait même été accepté par une partie de l’opposition. Et c’était pour la plupart des observateurs une bonne base de départ, pour bien sûr poursuivre les discussions. Qu’en est-il quatre ans plus tard, en 2016 ? Les accords ont été refusés et la situation sur le terrain a vu les djihadistes aux portes du pouvoir. C’est à ce moment-là que la Russie est intervenue ! Et c’est ce qui l’a empêché de s’emparer du pouvoir ou du moins de les repousser d’une grande partie du territoire syrien.

Pourtant, de nombreuses analyses montrent que le régime de Bachar Al-Assad, aidé directement par la Russie, a au contraire laissé Daech se développer pour mieux affaiblir ceux qu’on appelle les rebelles, quand bien même il y a d’autres djihadistes en leur sein…

Il est difficile de savoir avec précision ce qu’il en est, surtout avec des djihadistes comme le Front Al Nosra qui dominent ceux que la presse occidentale appelle « les rebelles ». Mais une partie de la population syrienne, s’est rangée du côté du régime de Bachar Al-Assad car il est devenu un rempart pour elle, contre l’avancée et les exactions de ces groupes djihadistes. C’est malheureusement cela la situation aujourd’hui. Et c’est bien à partir de celle-ci qu’il faut essayer de lancer un processus de négociations comme dans tout conflit armé. La position de Jean-Luc Mélenchon depuis 2012 n’a pas varié sur ce point : cessez-le-feu, arrêt du bain de sang et négociations entre le régime et l’opposition. Quant à la nature non-démocratique du régime russe, nous insistons sur le fait que si il s’agissait d’une dictature comme les autres mais alignée dans le camp de l’OTAN, nos dirigeants seraient beaucoup plus complaisants à son égard. C’est donc en fait sa politique de non-alignement qui entraîne les nombreuses attaques faites à son encontre.

Propos recueillis par Olivier Doubre (politis.fr)

http://www.politis.fr/…/jean-luc-melenchon-na-aucune-sympa…/

 

 

 

 

 

 

 

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